Plume à plumes
Quand les plumes picorent du côté des chefs-d’œuvre
Marie-Noël Paschal, auteur des « Grandes Affaires Criminelles » et d’ « Un siècle de faits
divers dans les Alpes de Haute-Provence » vient de publier son 8 ème ouvrage, « Dans l’ombre
de Van Gogh ». Il s’agit d’un roman, ou plus exactement d’un « pol’arts » selon l’expression
d’un de ses amis journaliste, où le grand artiste apparaît dans 15 chapitres, narrant son
séjour à Arles. Parallèlement se déroule, de nos jours, une intrigue criminelle. Le tout en 274
pages et 90 chapitres.


Plumes en vadrouille: Pourquoi, avec la formation classique qui est la vôtre, une agrégation de
lettres classiques, écrivez-vous des « polars » ou plus justement des « pol’arts », mêlant
la vie d’un grand artiste avec une intrigue actuelle imaginée ?
MNP : C’est une question qu’on m’a souvent posée. En fait, je choisis de raconter en
quelques chapitres un épisode de la vie d’un ou d’une artiste que j’aime particulièrement.
Avant Van Gogh, il y a eu Nicolas de Staël dans Sur les traces d’un certain Nicolas… et
Camille Claudel dans Le Secret de Camille C. J’imagine une intrigue en lien avec la vie de
ces artistes, pour soutenir l’attention du lecteur, pour qu’il ait envie de connaître le
dénouement de cette intrigue. Pour qu’il découvre ce qu’il advient de ces personnages
imaginaires, tout en apprenant (j’espère) beaucoup de choses sur l’artiste qui est au cœur du
roman.
Plumes en vadrouille: Cela vous demande-t-il une grande documentation ?
MNP : oui, beaucoup. Chacun de mes romans requiert 3 ans de travail et de
recherches. Le plus souvent, avec l’aide d’un catalogue raisonné de l’artiste, de ses œuvres,
de sa correspondance. Je tiens à respecter fidèlement les dates et les évènements de la vie de
l’artiste, pour ne pas le trahir. La partie « intrigue » de mes livres est plus rapide à construire,
car je donne libre cours à mon imagination.
PEV: Vous racontez donc exactement la vie ou la tranche de vie de l’artiste que vous mettez en
scène ?
MNP : Dans le cas de ce livre sur Van Gogh, oui. Dans mon livre précédent Le Secret
de Camille C., j’ai prêté à Camille Claudel une aventure amoureuse qui ne s’est probablement
pas produite, mais qui AURAIT PU arriver. La petite-nièce de Camille Claudel, Reine-
Marie Paris, a beaucoup aimé ce livre, qui est né de mon indignation devant le destin qu’on lui
a fait subir. Mais même dans cette histoire, j’ai respecté les dates et les évènements de sa vie.
Revenons à votre dernier livre, Dans l’ombre de Van Gogh. Pourquoi raconter une
partie de la vie de Van Gogh ? Qu’est-ce qui vous a inspirée dans la vie de Vincent ?
MNP : Vincent répondait à mes 3 exigences pour le choisir comme sujet : être un très
grand artiste que j’aime, avoir une vie romanesque – même si elle a été triste, marquée par la
fatalité-, et avoir un rapport direct avec la Provence. C’est pourquoi j’ai choisi de raconter une
tranche de sa vie qui s’est déroulée à Arles, de février 1888 au printemps 1889. Une période
qui a été particulièrement fructueuse puisqu’il y a peint environ 300 tableaux.
PEV: Quel rapport y a-t-il entre Vincent Van Gogh et le jeune Paul Debreuil, héros principal.
de votre livre ? Est-ce parce qu’ils sont tous deux victimes de harcèlement ?
MNP : Oui, vous pointez là la thèse, ou le point de vue de mon propos. Je crois
sincèrement que Van Gogh a subi à Arles un véritable « harcèlement » de la part des jeunes
Arlésiens dans la rue, qui l’appelaient le « Fou Roux » en lui jetant des légumes, et surtout deses voisins du quartier de la Maison Jaune, qui ont tout fait pour le chasser et l’ont poussé à
entrer dans un asile. Ce furent ses premiers pas dans l’enfer de la folie.
PEV: Et Paul Debreuil ?
Lui aussi est harcelé. Il est roux – j’ai étudié les injures, les sévices que subissent les
roux- et il bégaie. Une proie de choix pour ses camarades du collège…
Voilà pourquoi il est « dans l’ombre de Van Gogh ». … Choisissez-vous de préférence
l’univers artistique ?
Oui, par goût et par passion. J’ai passé aussi une maîtrise d’histoire de l’art, les œuvres
et les artistes me passionnent. Paul est harcelé mais en plus il est entouré par des personnages
qui évoluent dans cet univers : son ami est Pierre-Vincent Le Goff, jeune peintre qui se rêve
en Van Gogh, et son beau-père Bernard de Givenchy est galeriste, féru de Van Gogh. Arles
est un cadre idéal pour ce roman, tant la ville est belle, et tant elle a pu inspirer Van Gogh.
« Dans l’ombre de Van Gogh », paru en mai 2024 aux éditions de St Trophime. Prix :
20€. Disponible à la Librairie Histoire de Lire (Gréoux-les-Bains), Le Bleuet (Banon),
Hyper U (Manosque), Librairie Jaubert (Riez), Maison de la Presse (Digne), La Carline
(Forcalquier), le Blason (Aix-en-Provence), Tabac Le Mas (Manosque), Fondation Van
Gogh (Arles).
Chez Plumes en Vadrouille, on aime les histoires qui prennent leur temps. Celles qui relient les époques, les territoires, les êtres humains. Dans l’ombre de Van Gogh n’est pas seulement un roman : c’est une passerelle entre l’art et le réel, entre la Provence d’hier et les silences d’aujourd’hui. Un livre qui rappelle que derrière chaque œuvre, il y a une voix. Et que parfois, il suffit de tendre l’oreille pour l’entendre.
Plumes en vadrouille – Le média qui prend le temps de rencontrer, d’écouter et de raconter.
Crédit photos Marie Noëlle Paschal