Plumes en Vadrouille est allé à la rencontre de
Mathéo, devenir KNK : le choix du cœur

Plumes en Vadrouille – Mathéo, le virage musical que tu prends aujourd’hui ressemble à un vrai choix du cœur, presque à un besoin vital de te réinventer. À quel moment tu t’es dit : « OK, maintenant je deviens KNK » ?
Mathéo / KNK – À la base, je m’appelais KinouKing. Avec le temps, j’ai trouvé que ça faisait trop enfantin. J’arrivais à l’adolescence, je sentais que quelque chose devait changer. J’avais besoin d’un nom de scène qui me ressemble davantage, qui marque une étape. KNK s’est imposé naturellement. C’était le bon moment.
Plumes en Vadrouille – Qu’est-ce que cette nouvelle identité t’apporte comme liberté ?
KNK – Une vraie liberté. Je suis content de m’accrocher à ce personnage et, quelque part, de devoir le devenir dans mon quotidien, dans mes épreuves aussi. Aujourd’hui, j’ai le choix de faire ce que j’aime, et je le fais avec passion. C’est ça, ma plus grande liberté.
Plumes en Vadrouille – Grandir sous les projecteurs si jeune, ça change quoi dans ta façon d’aborder la musique ?
KNK – Musicalement, pas tant que ça. Mais humainement, énormément. On découvre très vite le vrai visage du milieu : les belles choses comme les moins belles. Ça fait grandir mentalement. C’est un apprentissage avant tout.

Plumes en Vadrouille – La musique, c’était un rêve d’enfant ou quelque chose qui est venu plus tard ?
KNK – Au départ, j’écrivais juste des textes, quand j’étais petit. Et puis en 2023, avec The Voice, je me suis dit que j’avais peut-être un don. Quand on voit qu’il y a plus de 100 000 candidatures, se retrouver sélectionné, c’est impressionnant. Là, tu comprends que quelque chose est en train de se passer.
Plumes en Vadrouille – Quand tu crées aujourd’hui, quelle émotion domine ?
KNK – La nostalgie… et l’amour. Ce sont clairement les émotions qui ressortent le plus quand j’écris.
Plumes en Vadrouille – Tu es aujourd’hui dans un univers très professionnel. Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ?
KNK – Le regard qu’on porte sur moi. On me considère comme un artiste, plus comme un enfant ou un ado. J’ai pris conscience de la chance que j’ai, surtout quand je vois l’équipe qui m’entoure. On n’est pas nombreux, mais le travail est énorme, avec des talents incroyables.

Plumes en Vadrouille – Comment s’est faite la rencontre avec ton équipe actuelle ?
KNK – J’ai été repéré sur les réseaux par un Community manager. On a sorti un premier titre ensemble, mais ça n’a pas fonctionné. J’ai alors appelé la personne au-dessus de lui et je lui ai dit clairement : soit on arrête, soit on continue sérieusement. Il a accepté, et aujourd’hui je travaille avec lui.
Plumes en Vadrouille – Comment naît un morceau version KNK ?
KNK – Je parle très souvent de moi ou de mon entourage. Ça peut partir d’un mot qui me trotte dans la tête. J’écrivais même en cours parfois… C’est mon quotidien, mes émotions, ou parfois juste une inspiration soudaine.
Plumes en Vadrouille – Pas trop compliqué de concilier école et musique ?
KNK – L’école passe avant. C’est important d’avoir une sécurité. La musique, c’est la passion, le soir, le rêve de gosse. Il faut savoir faire la part des choses.
Plumes en Vadrouille – Si ton prochain album devait transmettre un seul message ?
KNK – L’amour, clairement. Mes deux derniers sons parlent d’amour. Dans la tête raconte une histoire, et le prochain titre en sera la suite. J’aimerais que les gens me découvrent à travers cette sensibilité, cette nostalgie.
Plumes en Vadrouille – Qu’aimerais-tu que le public retienne de toi ?
KNK – Que je n’essaie pas de suivre tout le monde. J’aimerais apporter quelque chose de différent dans le monde musical, créer, oser.
Plumes en Vadrouille – Et pour les jeunes qui rêvent de se lancer ?
KNK – Il faut se donner les moyens de sortir du lot. Les réseaux sociaux donnent l’impression que tout est facile, mais la musique est un milieu très dur. Il faut être passionné, persévérant, bien entouré, et apprendre autant de ses réussites que de ses échecs. C’est un monde de requins.
Plumes en Vadrouille – Tu as aussi traversé des périodes compliquées au lycée…
KNK – Oui. Après The Voice, j’étais vu comme “la star du lycée”. Sur le moment, ça peut flatter, mais quand on est réservé comme moi, c’est dur. Peu d’amis, beaucoup de solitude, parfois de la souffrance. Mais aujourd’hui, ces épreuves m’inspirent énormément.
Plumes en Vadrouille – Aujourd’hui, tu sembles apaisé.
KNK – Oui. J’ai changé d’environnement, et même si on dit que changer de lieu ne change pas tout, pour moi ça a été positif. Ça fait presque un an que je suis là, et je n’ai jamais reçu un seul commentaire négatif. Aujourd’hui, honnêtement, j’ai tout ce qu’il me faut.
Plumes en vadrouille – Le média qui prend le temps de rencontrer, d’écouter et de raconter.
Crédit photos: Mathéo Costa
Une rencontre du poulailler – Plumes en vadrouille, le média qui raconte les femmes et les hommes du territoire.
Bravo à ce jeune artiste de notre village plein de talent.